UN P'TIT BONHEUR QUI NOUS APPARTIENT

 Ça m'arrive de trouver que je suis une bonne mère. Pendant quelques jours, ça marche mon affaire, je suis présente, drôle, aimante, patiente et j'interviens comme une championne.

Puis arrive la journée poche. La journée où je crie trop, où je m'impatiente, où j'ai pas le goût de jouer, pas envie d'expliquer, pas le goût de négocier. De mère-pas-pire-pantoute, je passe à mère-poche qui se sent méga coupable

Mère-poche à temps plein.

C’est ce que je suis devenue quand j'ai décidé de démarrer mon entreprise de tatouages temporaires. J'avais la tête ailleurs et pu le temps de faire du pain aux bananes ou des biscuits maison. Je suis devenue la maman qui abuse du "j'arrive, dans deux minutes!" et qui disparait derrière l'écran de son laptop dès que la p'tite fait un dessin. Oui, cette méchante maman qui profite de la sortie au parc pour être sur son téléphone et répondre à des courriels ou analyser les données de sa boutique en ligne.

Encore pire... l'heure du souper a été pendant plusieurs semaines le seul temps dont on disposait, mon homme et moi pour faire nos réunions. Les Tatoués prenaient beaucoup de place. Et la culpabilité aussi.

J'étais constamment déchirée entre mon nouveau projet, si emballant et gratifiant pour la femme que je suis, et la maman que j'étais supposée être.

Puis je me suis rappelé mon enfance à moi.

Je me suis rappelé les heures passées au commerce de mes parents. De la fierté que j'avais à les aider. De mes samedis au magasin. Je ne me souviens pas de m'être ennuyée : je me souviens d'avoir classé des papiers, répondu au téléphone, parlé dans l'intercom, dit bonjour aux clients… Je me souviens d'avoir contribué et de m'être sentie utile et appréciée.
J'ai une multitude de beaux souvenirs de temps passé en famille et ceux passés à aider à l'entreprise de mes parents en font partie.

Ça m'a calmé le pompon et c'est l'exemple que j'ai décidé de reproduire. Ce ne serait plus mon entreprise, mais celle de toute la famille.

Mon enfant veut du temps avec moi et quand elle vient "travailler" dans le bureau, quand elle colle des timbres, quand elle dessine des tattoos temporaires avec son père, c'est exactement ce qu'on lui offre avec en bonus un sentiment d'appartenance au clan qui vaut de l'or.

Lou travaille

Après tout, Les Tatoués c'est nous.

C'est certain qu'une sortie au zoo c'est vraiment cool et qu'un pain aux bananes de temps en temps ça réchauffe le coeur, mais chez nous depuis un an il y a aussi le "high five famillial" chaque fois qu'on fait une nouvelle vente et qu'on emballe soigneusement les tatouages temporaires qu'on a créer, un p'tit bonheur qui nous appartient et qui nous inclus tous les trois.

Je ne sais pas si ça fait de moi une meilleure mère, mais la culpabilité a laissé la place à la fierté. J'me dis que ça doit être un bon signe.

 

Ce billet a d'abord été publié sur le site Maman a un plan avec lequel j'ai le bonheur de collaborer.

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